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De retour d’Alep, Alain DESTEXHE appelle à une aide humanitaire massive pour les habitants de la ville dévastée.

J’ai pu constater que la situation humanitaire dans la ville dévastée d’Alep est catastrophique, avec une population totalement démunie. La situation est encore pire dans les nombreux quartiers (surtout à Alep Est) qui avaient été occupés par la rébellion islamiste, où il y a encore de nombreux habitants qui vivent au milieu des ruines et des gravats, dépeignant un tableau effrayant. Le problème majeur est l’absence d’eau. Il n’y a pas non plus d’électricité dans plusieurs quartiers de cette immense ville qui comptait près de 4 millions d’habitants avant la guerre. Sur le plan sanitaire, il y a une grave pénurie de médecins et d’infirmiers (beaucoup ont quitté la ville) ainsi que de médicaments et de matériel médical. Ce dernier venait surtout d’Europe avant la guerre et les hôpitaux et les structures de santé n’ont pu se réapprovisionner.

Le patrimoine historique, classé à l’UNESCO, est aussi très endommagé, notamment la citadelle (même si elle tient encore) et le vieux souk historique est quant à lui complètement détruit.

Depuis Vukovar en 1991 dans l’Ex-Yougoslavie, je n’avais plus vu une telle dévastation et cela m’évoque aussi des images de la Seconde guerre mondiale.

Médecin, ex-secrétaire général de MSF, j’ai toujours cherché à voir et témoigner, comme médecin ou comme parlementaire, à partir d’une expérience du terrain que ce soit en Bosnie, en Afrique centrale, en Corée du Nord, à Gaza, etc. Au cours des derniers mois, je me suis rendu au Kurdistan irakien et en Iran. Alors que la crise syrienne a un tel impact sur notre pays et notre continent (terrorisme, migrations,…), j’ai voulu voir de mes propres yeux la réalité syrienne sur place.

La délégation de parlementaires européens et russes à laquelle j’ai participé était une des premières à se rendre à Alep depuis la réunification de la ville, le 22 décembre 2016. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’une mission sans aucun lien avec le Conseil de l’Europe. Seuls trois des vingt participants de la délégation sont d’ailleurs membres de cette Assemblée.

En tant que parlementaire, j’en appelle à une aide internationale massive des organisations internationales et des associations humanitaires pour aider la population. L’aide doit aller en priorité à la fourniture d’eau et d’un minimum d’électricité aux structures qui en ont besoin. Il faut aussi du matériel médical (chirurgie, perfusions, radiologie, …) et des médicaments.

Curieusement, Alep ne semble plus présenter un grand intérêt alors qu’elle était au centre de toutes les attentions il y a quelques semaines à peine. Il faut aller sur place et se rendre compte de la situation actuelle !

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