Question du 20 juin 2017: Protection du patrimoine – Sauvegarde des vieux ascenseurs – informations complémentaires

Je vous remercie pour votre réponse à ma question écrite relative à la protection du patrimoine et tout particulièrement la sauvegarde des vieux ascenseurs en Région bruxelloise.

Vous évoquez la collaboration de certaines communes pour alimenter l’inventaire général du patrimoine architectural. Par ailleurs, il semblerait donc qu’une dizaine d’ascenseurs soient d’ores et déjà classés.

Vous faites également allusion à vos contacts et ceux de votre administration avec deux associations qui œuvrent pour la préservation des ascenseurs anciens.

Enfin, vous soulignez à juste titre la nécessité d’accentuer et d’encourager la formation des Bruxellois en matière de sauvegarde de notre patrimoine, ce qui me semble en effet essentiel afin que les rénovations se fassent dans le respect du patrimoine initial.

Mes questions, Monsieur le Ministre-Président, sont les suivantes :

  • Certaines communes ont-elles déjà pris contact avec vous afin de déclarer certains ascenseurs qui pourraient être intégrés à l’inventaire régional ? Si oui, lesquelles ? Si non, avez-vous prévu de sensibiliser les communes bruxelloises à cette possibilité de coopération ?
  • Pourriez-vous me communiquer la liste des ascenseurs classés ?
  • Les associations auxquelles vous faites référence dans votre réponse à ma première question écrite à ce sujet sont-elles subventionnées par la Région ? Si oui, à quelle hauteur ?
  • A quels intervalles ont lieu vos contacts avec le pouvoir fédéral à ce sujet ? Comment qualifieriez-vous le degré de coopération ?
  • Avez-vous pris des contacts avec certains acteurs de façon à vous assurer que des formations existent afin que nous disposions d’un personnel apte à évaluer la pertinence de travaux de rénovations ?

Réponse : 

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder à plusieurs reprises la question délicate de la mise aux normes des anciens ascenseurs bruxellois, imposée par l’arrêté royal du 9 mars 2003 relatif à la sécurité des ascenseurs. Pour le 31 décembre 2022, les ascenseurs mis en service avant 1958, ayant souvent un certain intérêt patrimonial, doivent être modernisés, ce qui implique des travaux conséquents, lourds pour le portefeuille des copropriétaires. La Région a depuis longtemps sensibilisé le fédéral sur l’intérêt de ces biens et discuté avec lui. Elle a en même temps réalisé plusieurs campagnes de sensibilisation sur ce thème. Le nombre d’ascenseurs d’avant 1958 n’est pas connu avec précision – le fédéral ne pouvant lui-même en fournir les chiffres – mais il est en tout cas bien supérieur à 250, et concerne plutôt un nombre évalué à plusieurs milliers d’ascenseurs dans la région.

La thématique des ascenseurs anciens à valeur patrimoniale est prise en considération via l’inventaire général du patrimoine architectural, accessible sur le site www.irismonument.be. A l’occasion des recherches archivistiques sur les immeubles, ou de visites, les ascenseurs remarquables découverts sont signalés dans les notices des immeubles. Les recherches menées par d’autres acteurs sur ce thème (comme certaines communes) pourront également être intégrées à l’inventaire. Par ailleurs, mon administration est régulièrement sollicitée, dans le cadre de cet arrêté royal du 9 mars 2003, par des propriétaires désireux de faire reconnaitre la valeur historique de leur ascenseur et de pouvoir proposer des mesures de modernisation spéci ques et plus respectueuses. Elle étudie la demande et fournit l’attesta- tion nécessaire, ce qui permet aussi d’accroitre la connaissance et l’inventaire de ces vieux ascenseurs. A ce jour, plus d’une dizaine d’ascenseurs sont classés, parce qu’ils sont mentionnés dans l’arrêté de classement d’un immeuble et contribuent à son intérêt. D’autres encore sont protégés parce que situés dans les parties classées d’un bien.

Les médias se sont fait l’écho de la création de l’« Association pour la préservation des ascenseurs anciens / Save our Heritage Elevators ». Mon administration, de même que le Centre Urbain, est en contact avec les membres de cette nouvelle association, d’actifs propriétaires d’ascenseurs historiques souhaitant s’investir dans la protection de ce patrimoine menacé. Les statuts de l’ASBL du 28 février dernier sont en cours de publication. L’objet social de l’ASBL est, de manière large, d’œuvrer à la sauvegarde et la mise en valeur des ascenseurs anciens. Les revendications de l’ASBL sont proches de celles d’une autre ASBL, le Comité contre la transformation obligatoire des ascenseurs, à savoir de promouvoir l’analyse de risques selon la méthode Kinney, de manière équivalente à celle d’une simple check list, comme la dernière révision de l’arrêté royal le 10/12/2012 l’a clairement autorisé, et d’aider à promouvoir des projets de formation de personnel d’ascensoristes qualités.

Tout en étant attentif à la sécurité des utilisateurs, je partage la préoccupation de ces propriétaires, attachés à leur patrimoine, et qui ne souhaitent pas devoir murer à grands frais leur bel ascenseur en gaine ouverte et diminuer la valeur esthétique de leur immeuble et de leur hall. Je souhaite que le fédéral, qui a marqué ces derniers temps une ouverture pour les méthodes d’analyse de risques alternatives, poursuive ces efforts et je ne manquerai pas de dialoguer avec les instances compétentes à ce sujet. Mais il est clair aussi que les modernisations respec- tueuses du patrimoine ne pourront se faire qu’avec un personnel compétent et quali é, ce qui est certainement un dé pour la formation de nos jeunes Bruxellois.