Question du 5 mai 2017: Création d’un Institut sur l’islam

Le 12 octobre 2016, le projet de décret portant création d’un Institut de développement des formations sur l’islam en Fédération Wallonie-Bruxelles était adopté.

De nombreuses missions lui étaient alors allouées : le développement des recherches et des formations sur l’islam, la création d’un baccalauréat en sciences religieuses et sociales et d’un master en théologie musulmane ainsi que le soutien à la création de formations interuniversitaires à destination des travailleurs sociaux et culturels en contact avec des publics de confession musulmane.

Plus d’un an et demi plus tard, le projet patine. En effet, l’Exécutif des musulmans, principal partenaire de l’initiative, rejette les fondations-même de l’Institut, à savoir des décisions prises à la majorité et un Directeur qui ne serait pas forcément de confession musulmane.

Pour rappel, ce projet est sur les rails depuis 2013 puisqu’à cette époque déjà vous aviez lancé une étude sur la mise en place d’un tel Institut. Quatre ans plus tard, cette stagnation est peut-être révélatrice de la difficulté à faire émerger cet « islam de Belgique » qui vous est si cher.

Mes questions, Monsieur le Ministre, sont les suivantes :

  • Vous annonciez votre intention de lancer cet Institut « le plus rapidement possible, dès que le décret sera voté ». Ce retard est-il uniquement imputable au blocage de l’Exécutif des musulmans ? Ces réserves n’étaient-elles pas d’ores et déjà apparues lors de précédentes consultations ?
  • Des collaborateurs ont-ils déjà été affectés à cet Institut ? De même, des fonds (le budget prévu était de 400.000 euros par an) ont-ils déjà été libérés ?
  • Avez-vous fixé une date butoir au-delà de laquelle le projet sera abandonné ?
  • En quoi est-il pertinent que la direction de cet Institut soit forcément occupée par une personne de confession musulmane ? Les revendications de l’Exécutif vous apparaissent-elles pertinentes ?

Réponse:

Début décembre 2015, suite aux conclusions de la « Commission chargée de faire des propositions en vue d’un islam de Belgique en Fédération Wallonie-Bruxelles », co-présidée par les Professeurs Andrea Réa et Françoise Tulkens, j’ai dévoilé huit propositions politiques pour encourager la formation des imams et des cadres musulmans de Belgique. L’une de ces mesures était d’organiser des cours de français pour tous les imams reconnus par l’Exécutif des musulmans de Belgique, lui-même subsidié par l’Etat fédéral.

Dès lors, comme annoncé, en collaboration avec l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Madame la Ministre Simonis et moi-même, avons mis en place de cours de langue française à destination des imams reconnus.

Ainsi, un module de 80 périodes de cours a été organisé par l’enseignement de promotion sociale dès la rentrée académique 2016 pour les imams ne maitrisant pas la langue française. Afin de répondre le plus justement possible à la demande, l’Exécutif a organisé un test afin de déterminer le degré de connaissance de notre langue par ces imams afin de pouvoir former des groupes en fonction du niveau. Suite à ces tests, trois groupes de français langue étrangère en situation ont été constitués : UE1 regroupant 17 imams, UE3 regroupant 10 imams, UE4 regroupant 7 imams.

Nous avons effectivement pris connaissance du rapport cité. Cependant, nous pouvons en Fédération Wallonie-Bruxelles nous montrer satisfaits des formations qui viennent de s’organiser et qui seront sans aucun doute prolongées lors de la prochaine rentrée scolaire.

En effet, l’ensemble des imams inscrits a participé de façon active aux cours et possédait le taux de présence requis pour pouvoir passer l’évaluation réussie pour 27 d’entre eux, évaluation qui n’était pas le but ultime de ces formations. L’ensemble des élèves ont ainsi acquis, sans aucune contestation possible, des compétences certaines dans la langue française. Aucune mesure coercitive ou autre n’a dû être prise pour encourager les imams à suivre cette formation, ces derniers étant demandeurs et motivés.

Les imams, ainsi que l’Exécutif musulman de Belgique, souhaitent poursuivre ce processus à la rentrée 2017-2018. En effet, il appert que les imams utilisent quotidiennement la langue française depuis cette formation et demandent d’approfondir leurs connaissances.

L’organisation de cette formation rentrera dans les missions de l’Institut de promotion des formations sur l’Islam. Le Comité de Direction de cet Institut remettra, au plus tard le premier décembre, un rapport de ses activités de l’année académique écoulée au Gouvernement qui le transmettra ensuite au Parlement de la Communauté française. Ce rapport officiel dressera notamment un bilan de ces formations.