Question du 12 mai 2017: Pertinence de la formation sur l’islam des policiers bruxellois

En janvier dernier, je vous interrogeais déjà sur le contenu de la formation mise en place par Bruxelles Prévention et Sécurité et l’ERAP destinée aux gardiens de la paix.

Force est de constater que certaines de mes craintes se sont confirmées.

Selon un témoignage recueilli par le journal La Capitale dans son édition du 11 mai dernier, il y a « des problèmes au niveau de l’angle de présentation des choses ». Ainsi, au lieu de donner une dimension scientifique au contenu des formations, c’est-à-dire relativement neutre et basée sur des faits, seul le point de vue strictement religieux serait mis en avant : « pour le formateur, il y a un « vrai islam » et tout ce qui peut paraître négatif pour un non-musulman, ce sont des déviances ». Il me semble qu’une approche si orientée pose problème, bien que cela ne soit pas si étonnant étant donné que son organisation concrète a été laissée aux mains d’une association plutôt qu’à des acteurs plus neutres.

Je suis par ailleurs fortement étonné que la question de l’apostasie ait été totalement niée et minimisée en affirmant que « cela ne posait pas de problème ». C’est oublier que l’impossibilité du changement de religion pour nombre de musulmans reste souvent un principe inviolable.

Mes questions, Monsieur le Ministre-Président, sont les suivantes :

  • Une évaluation de la pertinence de la formation est-elle prévue ? Si oui, dans quels délais ?
  • Vous avez déclaré que le conseil d’administration de l’ERIP n’avait pas la mainmise sur la formation. Quel est dans ce cas votre marge de manœuvre dans la mise en place de cette formation ? Bruxelles Prévention et sécurité n’y participe-t-il pas activement ?
  • L’objectif de la formation était-il de véhiculer une approche religieuse des choses ? Quelle est la pertinence d’une telle approche pour appuyer les policiers dans leur travail de terrain ?