Question du 28 avril 2017: Soutien au développement de l’aquaponie

L’aquaponie, qui est une méthode alliant l’aquaculture et l’hydroponie, rencontre un succès grandissant. Pourtant, elle est encore ignorée par un grand nombre d’individus – dont moi-même jusqu’à il y a peu – qui ne connaissent même pas le terme ! Ce système repose sur deux bacs : le premier est constitué de poissons dont les déjections, transformées en engrais, permettent de nourrir les plantes du deuxième bac en nutriments.

L’aquaponie représente une fenêtre d’opportunité en ce qui concerne la promotion de l’agriculture urbaine étant donné que peu d’espace suffit à disposer d’un tel système.

Les produits qui en sont issus sont donc locaux et équitables ce qui est un gage de qualité pour la préservation de notre environnement. Il s’agit d’une manière, pour tout citadin, de pouvoir cultiver ses propres plantes et légumes.

Des formations sont dispensées par « AquaponieBxl » qui bénéficie du soutien de votre Ministère. Cependant, cette méthode reste encore fortement méconnue du grand public.

Mes questions, Madame la Ministre, sont les suivantes :

  • Depuis quelle année votre Ministère soutient-il cette initiative ? Quel est le montant du soutien financier d’« AquaponieBxl » ? D’autres ASBL œuvrant dans la promotion de l’aquaponie bénéficient-elles d’un soutien en Région bruxelloise ?
  • Une étude a-t-elle déjà été réalisée de manière à évaluer le nombre de Bruxellois qui ont recours à cette méthode ?
  • Avez-vous pris des mesures de sensibilisation (affichage, spots publicitaires,…) de manière à faire connaître l’aquaponie ?
  • Etes-vous en contact avec d’autres Ministères comme votre homologue à l’Economie de manière à évaluer la fenêtre d’opportunité que constitue une telle méthode, notamment en termes d’emplois ?

Réponse:

1. Il existe en effet plusieurs acteurs de promotion de l’aquaponie à Bruxelles.

J’ai connaissance des acteurs suivants :

–  « AquaponieBxl » est candidat à l’appel à projets « Good Food 2017 » pour un projet à vocation commerciale et de formations sur 3 ans sur le site de l’Usine à Uccle. Les projets sont en cours d’analyse. « AquaponieBxl » n’a pas encore reçu de soutien nancier jusqu’à présent.

–  « Aquaponiris » (http://aquaponiris.be/), unité de démons- tration et de formation du Village Partenaire, a été soutenu en 2012 via l’Appel à projets « alimentation durable » pour un montant de 14.822,5 euros. Ceux-ci forment environ 60 pers./an et organisent des visites pour environ 50 pers./an. Ils accueillent également des groupes de jeunes à travers la Futur Farm Experience.

–  Le projet pilote Urban Farm – ferme aquaponique- en construction sur le site des Abattoirs http://www.abattoir. be. Dans ce cadre, un subside de 5.000 euros a été octroyé en 2016 à Building Integrated Greenhouses (BIGH) pour l’analyse du système de distribution des poissons en circuit court.

–  La haute école du CIRIHA a béné cié d’un subside de 14.500 euros en 2015 a n de développer de petits systèmes démonstratifs et pilotes sur le campus du Ceria, en lien avec plusieurs cursus (hôtellerie, microbiologie).

– Le Centre d’entreprise de St-Gilles a béné cié en 2016 d’un subside de 7.000 euros pour un projet d’aquaponie verticale.

– Apis Bruocsella est candidat à l’appel à projets « Good Food 2017 » a n de développer des unités de démonstra- tion de l’agriculture urbaine sur 1m2 pour le grand public, dont un module d’aquaponie.

– Vert d’iris développe également l’aquaponie a titre experi- mental, mais n’a pas béné cié de soutien régional pour le développement de celle-ci. (http://vertdiris.net/aquaponie/)

Par ailleurs, en 2015, Fedagrim a été soutenu entre autre pour la promotion de l’aquaponie lors du salon Agribex, via un concours « aquaponie » pour les écoles et installations de bacs pour sensibiliser le grand public.

2. Non, et aucune étude de ce type est prévue.

3. Même s’il s’agit d’un domaine potentiellement intéressant, j’ai choisi de privilégier à travers la stratégie Good Food dans un premier temps la sensibilisation à la culture « potagère » (fruits/légumes/aromates) ne nécessitant pas de système technique particulier, accessible à un plus grand nombre de personnes (cf. « Ateliers Cultiver en ville » (voir : www. cultiverenville.brussels).

Il n’y pas des actions directes de promotion de l’aquaponie au niveau de la Région. Cependant, des actions de sensibili- sation à travers le soutien d’acteurs locaux ont été réalisées (cf. ci-dessus). Ainsi, des unités de démonstration ont été installées lors de certains évènements tels que « Taste of Brussels » ou le « Festival de l’Environnement ».

L’aquaponie est par ailleurs reprise sur les pages web de Bruxelles Environnement et les acteurs sont invités à s’inscrire sur le portail Good Food (www.goodfood.brussels).

4. Effectivement, Bruxelles Environnement met en œuvre la stratégie « Good Food » en collaboration avec la cellule « agriculture » de Bruxelles Économie et Emploi. La question de l’alimentation durable est également intégrée dans le PREC (Plan Régional d’Economie Circulaire).

A ce stade, le potentiel de développement de l’aquaponie à Bruxelles n’a pas encore été évalué spéci quement. Il s’agit d’un modèle de production en expansion dont les adminis- trations suivent le développement entre autres à travers les porteurs de projets subsidiés, de manière à identi er d’éven- tuelles opportunités.

L’étude « Système d’Alimentation durable, potentiel d’emplois en RBC » réalisée en 2012 estimait un potentiel de 520 emplois en aquaponie si l’on mobilise 26 hectares de toitures plates, à savoir 12 % des toits plats mobilisables. Il faut cependant tenir compte du fait qu’il s’agit d’un scénario volontariste, ne tenant pas compte de l’investissement initial ni des dif cultés éventuelles administratives, juridiques ou d’écoulement de la production.