Question du 8 février 2017: Soutien du Gouvernement francophone bruxellois au travail d’Eurotox

Soutien du Gouvernement francophone bruxellois au travail d’Eurotox

Eurotox, l’Observatoire socio-épidémiologique alcool-drogue qui a pour objectif « d’améliorer la compréhension du phénomène de l’usage des drogues en Wallonie et à Bruxelles, a transmis il y a peu ses « bonnes pratiques en réduction des risques ».

La perception de l’agence du phénomène des drogues me paraît curieuse : « la recherche d’abstinence n’est plus une fin en soi, elle devient une option parmi un continuum de réponses permettant à la personne de prendre soin d’elle ». Je m’interroge sur la meilleure possibilité de prendre soin de soi qui n’inclue pas un arrêt de la consommation de drogues. Dans cette optique, à la page 23 du livret, sont même détaillés les meilleurs endroits pour les injections de drogues. Ainsi les bras, où les « veines sont visibles et facilement accessibles » sont illustrés par un émoticône souriant de couleur verte. Une telle stratégie en termes de protection de la santé publique me paraît curieuse.

Par ailleurs, une partie de ces bonnes pratiques traitent de la « Réduction des risques et minorités ethniques ». Je m’étonne là encore d’y retrouver une vision victimisante : on y apprend en effet que les minorités sont davantage soumises à l’usage de drogue en raison, je cite, du racisme, de l’isolement communautaire, du stress de l’acculturation, des discriminations professionnelles ou scolaires, etc. Par ailleurs, il y est préconisé d’intégrer la diversité linguistique et culturelle dans les politiques menées en faisant un travail avec le personnel sur les stéréotypes, cela passant également par l’engagement de personnel issu de minorités.

Mes questions, Madame la Ministre, sont les suivantes :

– Le logo du Gouvernement étant apposé sur la brochure, êtes-vous en accord avec son contenu et l’approche de l’usage des drogues qui en est fait ? Pensez-vous également que « la recherche d’abstinence n’est pas une fin en soi » ?

– Partagez-vous l’idée que le racisme et les autres critères mentionnés justifient ou tout du moins expliquent la prise de stupéfiants ? Par ailleurs, vos politiques en matière de prévention sont-elles basées sur l’idée que du personnel issu de minorités pour traiter et gérer les minorités qui font usage de drogues est plus efficace ? Quel est le rapport entre la promotion de la diversité linguistique et culturelle et la prévention en matière de drogues ?

– Le fait de vouloir « faciliter l’engagement de personnel issu des minorités » pour les usagers eux-mêmes issus des minorités ne constitue-t-il pas une discrimination à l’embauche ?

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