Question du 14 décembre 2016: Ajout du latin dans les matières scolaires

Ajout du latin dans les matières scolaires

Le Pacte d’excellence prévoit d’étendre l’enseignement du latin à tous les élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles.

S’il est louable de vouloir étendre le champ des connaissances des élèves en les soumettant à des cours plus diversifiés, encore- faut-il que de telles mesures restent concrètement applicables.

Ainsi, sans étendre le volume horaire total, il paraît difficile voire impossible d’inclure ces nouvelles matières dont le latin sans que cela ne vienne avoir un impact sur les matières essentielles à savoir notamment le français, les mathématiques et l’histoire-géographie. Alors que les tests PISA montrent déjà les lacunes dans ces matières phares d’un grand nombre d’élèves, peut-être est-il trop ambitieux de vouloir étendre le champ des savoirs.

Par ailleurs, si une seule heure par semaine était consacrée à l’apprentissage du latin, on peut également s’interroger sur la pertinence de cet ajout étant donné la complexité et l’investissement nécessaires à l’apprentissage de cette langue. De même, certains risqueraient d’être frustrés par le faible volume horaire consacré au latin et d’autres trouver celui-ci trop important par rapport à leurs affinités éducatives.

Mes questions, Madame la Ministre, sont les suivantes :

– Dans quel délai l’intensité des cours de latin dispensés sera-t-elle fixée ? Avez-vous d’ores et déjà tranché cette question ? De quelle manière est-il prévu de concilier un volume horaire inchangé et l’ajout de multiples matières en tronc commun ?

– Ne pensez-vous pas que les élèves souhaitant aller plus loin dans cet apprentissage et inversement risquent d’être frustrés par la mesure ?

– Cet ajout ne se fera-t-il pas au détriment des acquis de base dans les matières fondamentales ?

Réponse:

Comme vous le savez, le Groupe central préconise que les langues anciennes s’inscrivent au sein du Tronc commun polytechnique et pluridisciplinaire et ne soient plus considérées comme une « activité complémentaire ou optionnelle ».

Parce que — je cite le Groupe central — les langues anciennes sont considérées comme formatrices pour l’ensemble des futurs citoyens et entrent à ce titre dans le curriculum commun, à travers :

– l’initiation aux langues anciennes, en vue d’approfondir l’apprentissage du français ;

– l’initiation à la culture et aux modes de pensées liées aux langues anciennes ;

– le support que les langues anciennes constituent au développement de stratégies de compréhension et d’analyse de la phrase et du texte ;

– des dispositifs de remédiation/consolidation/dépassement (RCD) qui permettraient, comme pour les autres disciplines, de remédier, de consolider et d’approfondir l’apprentissage des langues anciennes au sein du tronc commun.

Comme vous le voyez, le principe d’une présence des langues anciennes pour tous au nom de ses vertus formatrices semble déjà solide du point de vue des membres du Groupe central et sous réserve d’une confirmation de cette orientation par les instances dont ils émanent. Pour ma part, je rejoins le Groupe central quant à ses orientations.

Si la présence des langues anciennes se confirme, il appartiendra au Groupe central puis au gouvernement de se prononcer sur la manière exacte de les traduire dans le parcours des élèves. Le groupe de travail relatif au Tronc commun présidé par le professeur Romainville remettra des propositions précises concernant la concrétisation des différents domaines d’apprentissage au sein du Tronc commun. 

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