Question du 9 décembre 2016: Maitrise de l’anglais par les francophones

Maîtrise de l’anglais par les francophones

La maîtrise de l’anglais est aujourd’hui cruciale sur le marché de l’emploi. Or, on observe un fossé entre le niveau des francophones et des néerlandophones dans cette langue.

Ainsi, si les néerlandophones occupent la 4ème place du classement annuel des meilleurs anglophones non natifs, les francophones n’occupent que la 32ème place.

On constate par ailleurs que les pays aux premières places de ce classement sont les pays nordiques, réputés pour la qualité de leur système d’enseignement.

Il est enfin regrettable que notre capitale se classe derrière d’autres grandes villes comme Gand et Anvers. En effet, les capitales, par leur localisation stratégique et leur vocation internationale constituent souvent naturellement l’endroit au sein duquel l’anglais est la langue la mieux maîtrisée. D’autant plus que davantage de postes impliquent l’utilisation de cette langue.

Mes questions Madame la Ministre sont les suivantes :

– Comment expliquez-vous un tel fossé entre les néerlandophones et les francophones pour la maîtrise de l’anglais ?

– Considérez-vous que le système d’apprentissage de l’anglais en Fédération Wallonie-Bruxelles soit optimal ? Si non, avez-vous pris des mesures afin de l’améliorer ?

– En dehors des classes en immersion, existe-t-il dans certaines écoles des classes dans lesquelles l’anglais est enseigné par un professeur natif d’un pays anglophone ?

– Avez-vous déjà eu connaissance ou demandé qu’une enquête soit réalisée afin d’étudier les meilleures pratiques pour l’enseignement de l’anglais dans d’autres pays, et notamment les pays nordiques ?

 

Réponse:

L’étude de l’EF « Education First » est bien connue de mon cabinet. EF est à l’origine un organisme de formation en anglais pour les jeunes. Depuis quelques années, il a produit, à travers un test standardisé en ligne appelé EFSET des dizaines de milliers de personnes, un indice de compétences en anglais. Il semble bien que cet indicateur soit relativement fiable, selon les informations que m’a communiquées le Service général de l’inspection.

Toutefois, je me dois d’indiquer qu’il mesure les compétences des adultes et non les élèves. Ces tests étant appliqués aussi bien sur la tranche 18-20 que sur la tranche des plus de 40 ans, il n’est pas simple de tirer des conclusions sur l’état actuel du niveau d’anglais acquis dans l’enseignement.

Soit. Il nous donne quand même quelques indications que vous avez relevées, notamment que le niveau général des Belges (tel que mesuré par EF) est excellent. Cette 11e position n’est pas rien. Nous apprenons que si les Flamands ont obtenu de meilleurs résultats, Bruxelles se classe mieux que les autres villes wallonnes… Le niveau des Wallons est tout à fait bon.

En ce qui concerne l’avenir, comme vous le savez, l’apprentissage des langues a fait l’objet de réflexions intenses au sein du Pacte pour un Enseignement d’excellence et singulièrement, dans un groupe disciplinaire spécifique, partie du GT I.1, « Savoirs et compétences ». Le projet d’avis n° 3 du Groupe central présenté en début décembre et actuellement en discussion dans chacune des instances intégrera des éléments à ce sujet. Il sera transmis au gouvernement au début du mois de février.

Il faut aussi noter que le GT I.1 a poursuivi ses travaux, notamment en lien avec les rédacteurs des futurs référentiels, de la maternelle à la fin du secondaire. Une réunion a eu lieu le 7 décembre en mon cabinet, en présence du président du GT, le Professeur Romainville, celui du GT Langues modernes, M. Anckaert et le service général d’inspection pour finaliser le travail sur ces référentiels.

Ces nouveaux référentiels intégreront, nous en avons déjà parlé en Commission, les niveaux du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et permettront aux enseignants de mieux baliser les apprentissages, en se concentrant sur les points essentiels, adaptés aux différents niveaux.

Les efforts menés dans l’apprentissage en immersion précoce, tel qu’évoqué avec M. Crucke, lors de sa dernière interpellation, devraient commencer à porter leurs fruits dans les prochaines années, avec la multiplication des promotions d’élèves ayant suivi un enseignement en immersion.

En ce qui concerne les projets innovants, le service de conseil et de soutien pédagogique du réseau organisé « WBE » envisage par exemple d’introduire un dossier en vue de l’octroi d’une bourse Erasmus+ dans le cadre de laquelle des écoles du réseau (chefs d’établissement et professeurs) ainsi que des Conseillers pédagogiques/formateurs du CAF étudieront les bonnes pratiques européennes en se rendant dans des pays réputés pour leurs performances en matière d’apprentissage des langues. Le but est d’analyser comment ces pays parviennent à amener leurs élèves à un niveau B2 (soit niveau utilisateur indépendant avancé) à la sortie du secondaire.

L’accent est également placé sur l’utilisation de nouvelles technologies (E-twinning par exemple) et l’apprentissage des langues sera plus que jamais basé sur l’approche par compétence, laquelle vise une utilisation fonctionnelle de la langue dans le respect des niveaux attendus.

Voici, parmi tant d’autres, quelques éléments que nous retrouverons dans les années à venir dans les projets des écoles en matière d’apprentissage des langues et donc aussi de l’anglais.