Question du 13 décembre 2016: Interview donnée dans Le Soir sur les défis liés au sport en FWB

Interview donnée dans Le Soir sur les défis liés au sport en FWB

Monsieur le Ministre,

Le 28 octobre dernier, vous accordiez une interview au journal Le Soir afin de faire état de vos premiers pas dans la gestion de cette compétence.

Vous évoquez « des pratiques, des stratégies, des habitudes qui ont été mises en place » qui ne correspondent pas à votre vision des choses.

De même, vous mettez en exergue l’attribution de financements par vos prédécesseurs en dehors de tout dispositif décrétal, une mesure qui est « un non-sens » selon vous.

Enfin, vous faites mention du manque de transparence et d’objectivité dans l’octroi des subsides et, pour y remédier, de la classification des différentes fédérations par catégories.

Du côté flamand, un nouveau plan a été mis en place en faveur du sport de haut niveau alors qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, le plan à ce sujet date de 2006. L’approche poursuivie consiste à se focaliser sur les sportifs plutôt que sur les sports. Une approche qui, en témoigne le nombre de médaillés en Flandre au derniers Jeux olympiques, semble fonctionner.

Mes questions, Monsieur le Ministre, sont les suivantes :

– A quelles pratiques, stratégies et habitudes faites-vous allusion dans cette interview ?

– Comment expliquez-vous que des financements aient été attribués en dehors de tout dispositif décrétal ? Cela signifie-t-il que certains d’entre eux étaient auparavant octroyés sur base des préférences du Ministre ?

– Pouvez-vous me donner des exemples qui illustrent le manque de transparence et d’objectivité dans l’octroi des subsides ? En quoi la classification des différentes fédérations par catégories permet d’y remédier ? Quels critères ont été retenus pour réaliser cette classification ?

– Outre le fait de s’en remettre au temps, avez-vous mis en place des mesures focalisées sur les sportifs de haut niveau ? Le décret de 2006 est-il selon vous toujours pertinent ?

Réponse de Monsieur Madrane : Ces dernières années, les moyens budgétaires qui ont été utilisés pour soutenir le sport en Fédération Wallonie-Bruxelles excédaient le budget ordinaire et ont permis d’aller au-delà des soutiens prévus par les décrets et règlements.

En effet, depuis 2012, les réserves du fonds des sports alimenté par les recettes de l’Adeps et par la Loterie nationale ont été utilisées afin de développer différents plans profitant aux fédérations et clubs dans différentes disciplines.

La situation de ce fonds a été évoquée par Monsieur Alain Laitat, Administrateur général du sport, lors d’une commission et le constat est que les réserves seront totalement consommées dans un avenir très proche.

Il est donc incontestable qu’à budget ordinaire constant, les moyens disponibles seront donc réduits.

Bien entendu, je défendrai les besoins du monde sportif lors de la confection et l’ajustement des budgets à venir.

Mais je ne peux attendre une bonne nouvelle les bras croisés.

J’ai donc vu les fédérations pour les informer de la situation et en tirer les conséquences quant aux plans de soutiens extra-décrétaux. Le but est notamment de tirer le meilleur parti des moyens encore disponibles. Les fédérations participent activement à cette réflexion de manière très responsable.

Par ailleurs, il est évident que cette diminution des moyens totaux disponibles m’oblige aussi à être sélectif quant aux subsides accordés et à n’autoriser que des dépenses directement profitables au sport. Il nous faut aider des projets qui, sans l’aide des pouvoirs publics, ne pourraient pas avoir lieu.

Voilà, Monsieur le Député, ce qu’il en est de la situation qui justifiait mes explications à ce journal. Mais je ne me résous pas, comme Ministre, à la conclusion qu’en a tiré le journaliste en annonçant une réduction inévitable des moyens. Je compte bien me battre pour trouver des compensations à l’épuisement des réserves du fonds.

Mais, ma responsabilité, c’est de ne préjuger aujourd’hui de moyens qui pourraient être dégagés dans le futur et faire des projets de dépenses d’argent que je n’ai pas.

J’agis donc en responsable mais pas sans ambition.

Je m’efforcerai lors du prochain ajustement de demander des marges budgétaires complémentaires mais comme vous le savez aussi, la situation n’est pas des plus simples.