INTERVENTION – Conséquences humanitaires Daech – 04/2015

M. DESTEXHE (Belgique) – Je voudrais attirer l’attention de notre Assemblée sur la situation du Liban, un pays dont on ne parle pas assez et qui est menacé de déstabilisation, de crise voire de guerre. Le Liban compte 1,3 million de réfugiés pour une population de 4 millions d’habitants. Imaginez si dans votre pays, mes chers collègues, 25 % de la population arrivaient en quelques mois ?

Si la situation humanitaire est extrêmement préoccupante, il en est de même de la situation politique, puisque Daech infiltre les camps de réfugiés et le manque d’aide humanitaire est une cause de recrutement des combattants. Le drapeau de ce soi-disant Etat flotte déjà sur de nombreux camps de réfugiés au Liban et les incidents militaires se multiplient.

S’ajoute à cette crise une paralysie totale du Liban, avec un non-renouvellement de l’Assemblée qui a prolongé d’elle-même son mandat ainsi que celui du président.

Je souhaiterais donc, mes chers collègues, que notre Assemblée parlementaire reste saisie de cette question libanaise, qui pourrait bien devenir la prochaine crise. Les pays de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe doivent soutenir le Liban. Un soutien financier d’abord. La Banque mondiale a estimé l’impact de la crise sur le Liban à environ 7 milliards de dollars. Un soutien en matière humanitaire ensuite. Nous devons également tout faire pour les aider à sortir de cette crise politique qui paralyse le pays. Selon mes informations, l’armée libanaise est le garant de la stabilité et de l’unité nationale. Il conviendrait donc d’envisager également un soutien à cette armée libanaise.

S’agissant de Daech, ce qui m’inquiète le plus, c’est l’absence de perspectives de solutions, à la fois militaires et politiques. Tout le monde condamne Daech, mais personne n’a de solution, soit pour le défaire militairement, soit pour trouver une solution politique durable.