INTERVENTION – Crise des réfugiés – 09/2016

« Face à la menace commune de Daech, venons en aide au Kurdistan irakien ! »

 

M. DESTEXHE (Belgique)* – Je me suis rendu il y a dix jours, avec deux collègues belges, dans le Kurdistan irakien, où se trouvent des centaines de milliers de réfugiés et plus d’un million de personnes déplacées. Les Peshmergas kurdes, qui sont les seuls à se battre contre Daech sur une ligne de front de 1 050 kilomètres, manquent d’équipements alors qu’ils ont face à eux l’armée irakienne équipée avec des armes prises à l’armée américaine.

 

Nous avons visité plusieurs camps accueillant 160 000 réfugiés, dont certains étaient là depuis plus de trois ans. Ils ne manquent pas de protection : le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies, les accompagne et leur vie n’est pas en danger. Pourtant, beaucoup d’entre eux veulent aller en Europe, tel ce jeune homme dont la famille compte déjà dix membres en Europe.

 

Toutefois, seuls 40 % des appels lancés par le HCR ont reçu réponse. Il serait beaucoup plus logique d’apporter une assistance au Kurdistan irakien, où la protection de ces personnes ne pose pas de problème, plutôt que de laisser ces gens tenter leur chance en Europe, avec tous les risques que cela comporte, en particulier lorsqu’ils traversent la Méditerranée.

 

Je souhaite terminer en appelant nos gouvernements à aider les Peshmergas : ils ont besoin de notre aide car ils sont les seuls à se battre contre Daech. Il faut donner davantage d’aide et d’assistance aux agences des Nations Unies et au gouvernement kurde, qui porte le fardeau de plus d’un million de personnes déplacées sur le plan intérieur et de ces centaines de milliers de réfugiés.

 

J’en appelle également à l’Union européenne pour qu’elle ouvre des lieux d’accueil au sein du Kurdistan afin que ces personnes puissent déposer leur demande d’asile sur place, au Kurdistan, plutôt que d’entreprendre ce dangereux voyage vers l’Europe. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul fonctionnaire européen au Kurdistan, ce qui n’est pas suffisant pour faire face à la situation.