INTERVENTION – Attentats de Bruxelles – 04/2016

« Arrêtons le Belgium bashing et unissons-nous face au terrorisme ! »

 

M. DESTEXHE (Belgique) – À mon tour, je tiens à remercier le rapporteur, M. Zingeris. Je pense qu’il était la bonne personne pour élaborer ce rapport compliqué.

Partout sur le territoire européen, des attentats tragiques portent atteinte à des vies, c’est-à-dire également à des projets et à des espoirs. Nul n’est épargné. Quelques-uns de nos pays ont été touchés, mais qui peut dire que son pays ne le sera pas demain ? La menace pèse sur tous nos pays, sur tous nos citoyens.

Cette menace, ce fardeau, nous les portons tous. L’objectif du présent rapport, ainsi que M. Zingeris l’a très bien fait, n’est pas tant de pointer du doigt un pays, mais de lutter contre une menace commune.

Si je ne nie pas que des responsabilités soient en cause et qu’il y ait eu des lacunes en Belgique – lesquelles d’ailleurs, seront analysées par une commission d’enquête – aucun pays ne peut dire qu’il aurait mieux réagi. Quel pays, confronté à une telle tragédie, peut être assuré qu’il aurait réagi plus efficacement ?

Je voudrais dire à nos amis conservateurs ceci : cessez ce « bashing » d’un pays en particulier. Lorsque nos forces de police ont démantelé une cellule terroriste dans la ville de Verdier, elles ont été unanimement félicitées. Votre presse a une certaine réputation, mais je constate qu’elle traîne la Belgique dans la boue. De nombreux pays ont été touchés – la France, le Danemark, la Turquie et bien d’autres. S’il est vrai qu’environ 250 djihadistes d’origine belge sont partis en Syrie, il convient de relever que, selon la BBC, plus de 800 Britanniques sont partis de Grande-Bretagne pour aller se battre en Syrie. Alors, chers collègues, ne nous donnons donc pas des leçons les uns, les autres, mais essayons plutôt de voir comment, ensemble, améliorer la sécurité en Europe.

C’est précisément pour cela que le Conseil de l’Europe a été créé : pour s’unir afin de défendre les droits de l’homme et les libertés fondamentales ainsi que pour nous prémunir contre la guerre, car il faut bien reconnaître que c’est à une forme de guerre que nous sommes confrontés. Même si nous n’aimons pas ce terme, il s’agit d’une guerre contre nos valeurs, une guerre contre nos droits, une guerre que nous n’avions prévue et que nous n’avons pas voulue. C’est pourquoi il me semble fondamental que ce rapport porte une démarche constructive – c’est bien le cas, Monsieur Zingeris. Car il importe de réfléchir à la manière dont nous pouvons apporter une réponse coordonnée et efficace au défi que nous pose la menace terroriste.

Je terminerai en félicitant les militaires, les forces de police, les juges qui, parfois au péril de leur vie, luttent contre le terrorisme dans toute l’Europe. Ils méritent notre soutien.

 

 

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